Une enquête portant sur les inscriptions, l’attribution des points et l’intégrité de la compétition conduit à une modification du règlement.

L’INSCRIPTION FAIT FOI ; LE CLASSEMENT GÉNÉRAL EST ANNULÉ
Ces derniers jours, la participation d’un « Baby Champion » au Koi Show Noorderlicht a suscité de vives discussions au sein de la communauté néerlandaise des amateurs de koï : ce poisson, présenté par un particulier, a en effet été remis en vente peu de temps après par un revendeur. Cette situation a suscité de nombreuses interrogations quant à la légitimité effective des points attribués dans le cadre du classement de The League of Rising Scales.
À la suite de ces signalements, nous avons mené une enquête approfondie. Dans ce cadre, nous avons mené des entretiens avec des amateurs, des revendeurs, des participants, des organisateurs et d’autres parties prenantes, en abordant la question sous différents angles au sein de ce milieu.
Tout d’abord, nous tenons à clarifier un point important.
Au cours de notre enquête, nous n’avons trouvé aucun élément indiquant que les participants concernés auraient enfreint les règles en vigueur de la Ligue.
Pas Filip Poppe.
Pas les revendeurs concernés.
Et non d’autres participants qui se sont retrouvés dans des situations similaires.
La discussion ne portait donc pas sur le non-respect des règles.
La discussion portait sur autre chose.
À savoir : la question de savoir si, en tant que Ligue, nous souhaitons autoriser que des montages commerciaux, des stocks commerciaux ou la participation de concessionnaires puissent influencer un classement amateur.
Notre réponse à cette question est « non ».
Ce n’est pas parce que nous pensons que quelqu’un avait de mauvaises intentions.
Ce n’est pas parce que nous pensons que quelqu’un a commis une faute.
Mais comme nous pensons qu’un classement amateur n’a de valeur que si les amateurs s’affrontent réellement entre eux.
La League of Rising Scales a été créée afin de mettre en avant les performances des amateurs et des professionnels, de leur permettre de s’affronter tout au long de la saison et d’établir un classement sportif compréhensible, transparent et crédible pour tous.
Lorsque des intérêts commerciaux, des stocks de vente ou des montages de concessionnaires sont susceptibles d’influencer un classement amateur, cela suscite inévitablement des débats quant à la valeur sportive des résultats.
C’est justement ce débat que nous souhaitons éviter.
Le contexte
Cette enquête a été directement motivée par la situation concernant le « Baby Champion » du Koi Show Noorderlicht.
Au cours de l’enquête, Filip Poppe a fait preuve d’une grande transparence et a répondu à toutes les questions qui lui ont été posées.
L’enquête a permis d’établir que Filip a acheté le koi en question le 4 juin 2026. Il a également été établi que le revendeur qui a introduit le koi dans un bac de vente lors du Koi Show Noorderlicht n’est pas le même que celui qui a annoncé par la suite son intention de proposer ce koi lors d’une vente aux enchères publique.
On se trouve donc en réalité dans une situation où le koi a, en l’espace d’un laps de temps relativement court, fait l’objet de plusieurs transactions commerciales liées à son achat, à sa participation à un salon et à sa revente ultérieure.

Bien que cela ait été autorisé par la réglementation en vigueur, nous comprenons parfaitement pourquoi cette situation a suscité des interrogations au sein de la communauté des amateurs. D’un point de vue moral, on peut contester qu’une œuvre mérite ou non le prix de beauté, mais cela relève d’un tout autre domaine que le non-respect des règles ou l’intention malveillante. Vouloir gagner n’a jamais été considéré comme une faute.
De nombreux amateurs ont indiqué avoir du mal à accepter les situations dans lesquelles un koi reste, pendant la quasi-totalité de son parcours, dans un environnement commercial, alors que les résultats obtenus comptent ensuite pour un classement amateur. Il s’agit du phénomène bien connu consistant à « acheter des prix ».
Nous comprenons cette préoccupation
Ce n’est pas parce que nous estimons qu’un amateur doit, en toutes circonstances, héberger, soigner, élever ou présenter lui-même ses koïs.
Ce n’est pas parce que nous estimons que les amateurs ne doivent pas faire appel à des revendeurs.
Au contraire.
Cela fait déjà plusieurs décennies que cela fait partie intégrante de ce loisir, et que cela y apporte une réelle valeur ajoutée.
Mais c’est parce que ce genre de situations suscite des débats sur la frontière exacte entre la participation à titre amateur et la participation à titre commercial. Dans ce cas précis, on a poussé les choses à l’extrême et le koi n’a pas encore passé 20 jours entre les mains d’un particulier.
Dans l’esprit de TLORS, l’achat temporaire d’un koi sans l’intention expresse de l’acquérir réellement pour en avoir la possession et en prendre soin ne correspond pas à l’essence même pour laquelle le classement des amateurs a été créé. Nous souhaitons permettre aux amateurs de s’affronter entre eux afin de créer un classement sportif.
Et c’est précisément là que réside le problème.
Car si nous faisons une exception pour Filip, nous devrons demain avoir la même discussion au sujet de Geert, qui a remporté le Young Champion dans la même catégorie au Noorderlicht.
Et si nous menons cette discussion au sujet de Geert, nous devrons peut-être la mener à nouveau le mois prochain au sujet d’un autre participant.
La discussion finit alors systématiquement par porter sur des personnes.
Or, nous souhaitons justement un système dans lequel les règles sont les mêmes pour tout le monde. Sans avoir à jouer périodiquement le rôle d’arbitre face aux comportements humains.
C’est pourquoi nous avons délibérément choisi de ne pas opter pour une solution qui ne concernerait que Filip Poppe ou ce koi en particulier.
Nous nous sommes plutôt penchés sur le problème sous-jacent. Nous avons écouté attentivement tous les points de vue et, sur cette base, nous avons analysé le mécanisme sous-jacent qui permet que de telles situations se produisent.
Le problème réside dans le fait que la réglementation actuelle ne fait pas, en premier lieu, de distinction suffisamment claire entre les amateurs, les professionnels, les fûts destinés à la vente et les fûts mixtes.
La solution doit donc s’étendre au-delà de ce cas particulier.
Il est important de noter que ces constatations n’ont pas été utilisées comme critère autonome d’exclusion ou de correction des notes.
Nous n’avons pas constaté que Filip Poppe ou d’autres personnes concernées aient enfreint les règles. Le Kohaku en question n’a pas été présenté au Noorderlicht par Filip Poppe, qui occupait pourtant un bac privé lors de ce salon du koi, mais par TheKoiPage, qui, dans le même bac de revendeur, a également présenté le Young Champion au nom de Geert Schrijvers, lequel disposait lui aussi de son propre bac.
Plusieurs amateurs participants ont été présentés dans un même stand. Ce n’est pas inhabituel et, pour ceux qui n’ont jamais participé à ce genre d’événement, c’est un moyen accessible de s’initier à l’organisation de salons.
Dans ces cas-là, cela crée toutefois également une situation d’inégalité ; lorsque ces amateurs disposent eux-mêmes d’un fût, ce dispositif leur permet d’enregistrer sous leur propre nom une quantité supérieure à celle autorisée par fût pour les autres amateurs. Un facteur supplémentaire qui engendre une inégalité.
Les circonstances mentionnées faisaient partie de l’ensemble plus large des faits qui ont conduit à une évaluation critique de la réglementation actuelle.
Les ajustements de points définitifs reposent sur l’application générale des règles de la Ligue en matière d’inscription, de classement et d’attribution des points.
On a ainsi délibérément opté pour une solution qui ne vise pas un participant ou une situation en particulier, mais qui s’applique de la même manière à tous les participants et à tous les cas futurs.
De plus, il est rapidement apparu que cette situation n’était pas un cas isolé.
D’autres koïs primés lors du salon Noorderlicht ont également participé depuis les bassins des revendeurs, notamment le « Young Champion ». Par ailleurs, des questions similaires ont été examinées concernant d’autres bassins de revendeurs et des bassins combinés.
Il est ainsi apparu clairement qu’il ne s’agissait plus d’une discussion portant sur un seul koi, un seul revendeur ou un seul participant.
Lorsque les koïs ne peuvent être présentés à un concours que sous leur propre nom, cela donne lieu à une compétition plus équitable, dans laquelle, dans la plupart des cas, les koïs proviennent de l’étang du propriétaire ou, s’ils sont présentés au concours, sont destinés à intégrer effectivement la collection privée par la suite.
Inscription prioritaire
Pourquoi l’inscription devient déterminante
Au cours de l’enquête, différentes solutions ont été examinées, notamment les contrôles de propriété, les délais minimaux de détention, les contrôles des factures et la présentation de pièces justificatives supplémentaires.
Nous sommes parvenus à la conclusion que de telles mesures sont difficiles à mettre en œuvre dans la pratique, qu’elles peuvent porter atteinte à la vie privée et qu’elles sont, de surcroît, relativement faciles à contourner.
C’est pourquoi nous optons pour le seul principe de base objectivement vérifiable :
L’inscription officielle au salon. Plusieurs koi appartenant à plusieurs amateurs et inscrits dans un même lot par un revendeur sont donc présentés sous la bannière de ce dernier.
Cette inscription fera désormais office de référence pour le calcul des points de la Ligue.
Cette mesure ne signifie en aucun cas que les amateurs ne sont plus autorisés à faire élever leurs koïs chez des revendeurs, à bénéficier de leurs conseils ou à utiliser leurs installations.
Cela reste un aspect normal, précieux et important de ce loisir.
De même, tous les prix, titres et championnats remportés lors des expositions concernées restent pleinement valables.
Cette mesure concerne exclusivement le traitement des points au sein de la League of Rising Scales.
Il est important de souligner que cette mesure n’a pas été mise en place à l’initiative d’un participant ou d’un koi en particulier. Nous tenons également à souligner que les revendeurs peuvent toujours présenter des poissons au nom d’un amateur, mais que s’ils souhaitent que ceux-ci soient pris en compte pour le classement, cela doit se faire sous la responsabilité et l’inscription de l’amateur lui-même, en son nom propre.
Si l’on se concentrait uniquement sur le « Baby Champion » de Noorderlicht, exactement le même débat pourrait surgir demain au sujet d’un autre participant, d’un autre revendeur ou d’un autre salon.
C’est précisément pour cette raison que nous avons opté pour une règle générale qui s’applique de la même manière à tout le monde.
À chacun selon ses mérites.
Conséquences sur la situation actuelle
Cette décision a des répercussions sur un certain nombre de résultats déjà obtenus.
Les résultats des émissions en question restent inchangés.
Aucun championnat, prix, titre ou évaluation du jury ne sera modifié pour les concours concernés ; cela ne relève pas de notre compétence.
Cette décision concerne exclusivement le calcul des points au sein de la League of Rising Scales.
Lors du salon Koi Show Noorderlicht, plusieurs koi primés étaient présentés dans des bassins de revendeurs, notamment :
• TheKoipage
• AB Koi Marum
• Friesland Koi
Ces koïs n’ayant pas été inscrits à titre individuel par des amateurs, les points de la Ligue ainsi obtenus sont annulés.
Cela concerne non seulement le Baby Champion, mais également d’autres koïs primés qui ont participé dans des conditions similaires, notamment le Young Champion de Noorderlicht.
Ces points ne peuvent pas non plus être attribués au classement professionnel.
En effet, Noorderlicht était un salon amateur dans lequel les revendeurs ne participaient pas en tant que concurrents à une compétition professionnelle.
L’octroi de ce statut à des professionnels entraînerait donc une distorsion de la concurrence au sein du classement professionnel. En effet, les autres professionnels n’auraient pas la possibilité d’y participer.
C’est pourquoi ces points sont entièrement annulés pour la Ligue.
Cela s’applique à tous les cas similaires constatés au cours de l’enquête.
Par ailleurs, cette décision a des répercussions sur le Young Holland Koi Show.
Des bassins communs ont également été utilisés pour présenter les koïs de plusieurs participants, provenant des installations d’élevage de Veldhoven Koi Farm.
Lorsque plusieurs participants peuvent prétendre à la même performance, ces points ne peuvent pas être attribués à un seul participant de manière équitable et transparente.
Ces résultats sont donc également exclus du classement de la Ligue. Cette correction ne résulte pas d’une infraction, mais du choix d’appliquer une méthode uniforme à toutes les situations comparables constatées au cours de l’enquête.
Ici aussi, l’événement n’était accessible qu’aux amateurs ; les points ne sont donc pas pris en compte pour le classement de la ligue. Dans des situations similaires lors de salons consacrés aux koïs où participent à la fois des amateurs et des professionnels, ces points seront toutefois attribués au revendeur, tandis que le prix du salon en question sera peut-être remis sur scène par un amateur.
Nous sommes conscients que cela peut être décevant pour certains participants qui se voient désormais retirer des points.
Nous estimons toutefois qu’un système clair, équitable et pérenne prime sur le maintien de points dont l’attribution est contestée. Nous jugeons souhaitable que la crédibilité de la ligue et la valeur que représente une place acquise au classement prévalent.
Étant donné qu’il s’agit d’une année pilote, nous estimons qu’il est souhaitable de mettre en œuvre cette mesure avec effet rétroactif afin de pouvoir en mesurer correctement les effets et les conséquences. Nous tenons à souligner qu’après cette année pilote, aucun règlement ne pourra être modifié en cours de saison.
Il ressort toutefois clairement que le règlement prévoira la possibilité d’ouvrir une enquête au cas par cas, pouvant déboucher sur des avertissements, des sanctions, des retraits de points ou une disqualification. Cette mesure vise à prévenir les abus et l’exploitation du système.
Dans ce cas précis, nous ne voyons une fois de plus aucune raison d’imposer des sanctions individuelles ; aucune règle n’a été enfreinte, mais TLORS met en lumière une dynamique qui fait partie depuis de nombreuses années du débat éthique sur la loyauté des compétitions entre amateurs. Nous sommes conscients que le fait de donner la priorité à l’inscription peut avoir une incidence sur cette dynamique du marché.
Auto-réflexion critique
Au cours de cette étude, nous ne nous sommes pas seulement intéressés aux participants, mais aussi à nous-mêmes.
Nous en sommes ainsi arrivés à la conclusion que la structure actuelle de la Ligue elle-même a en partie contribué à la confusion qui en a résulté.
Jusqu’à présent, la Ligue disposait d’un classement général qui regroupait à la fois les amateurs et les professionnels.
Par ailleurs, dans la pratique, on ne faisait pas toujours suffisamment la distinction entre les fûts d’amateurs, les fûts de revendeurs, les fûts mixtes et les situations dans lesquelles la propriété, l’envoi et la présentation ne coïncidaient pas entièrement.
Nous reconnaissons que ce manque de clarté est l’une des causes à l’origine du débat actuel.
La décision
C’est pourquoi nous avons décidé d’instaurer dès à présent une distinction claire entre les amateurs et les professionnels.
À compter d’aujourd’hui, le classement général de la League of Rising Scales n’est plus valable.
Désormais, il n’existe plus que :
• Un classement des amateurs
• Un classement professionnel
Les amateurs sont comparés exclusivement à d’autres amateurs.
Les professionnels sont comparés exclusivement à d’autres professionnels.
Cela nous permet d’éviter en grande partie que les intérêts professionnels n’influencent le classement des amateurs, et inversement.
Nous sommes par ailleurs conscients qu’aucune mesure ne peut empêcher totalement toutes les manipulations possibles.
Nous ne prétendons d’ailleurs pas cela.
Construire ensemble l’avenir
Ce qui nous a peut-être le plus agréablement surpris, c’est l’énorme engagement dont font preuve les amateurs.
Ces derniers jours, nous avons reçu des dizaines de messages, d’appels téléphoniques, d’e-mails et de réactions.
Parfois critique.
Parfois dérangeant.
Mais presque toujours dans le même but :
Renforcer la Ligue.
Nous n’avons d’ailleurs constaté aucune opposition généralisée à l’égard de la Ligue.
Au contraire.
Nous avons surtout rencontré des personnes qui souhaitent que la Ligue soit une réussite et qui sont prêtes à réfléchir avec nous à la manière de la rendre plus équitable, plus transparente et plus professionnelle.
Nous vous en sommes sincèrement reconnaissants.
La League en est encore à sa phase pilote.
C’est précisément pour cette raison que nous tirons les leçons de cette situation.
C’est pourquoi nous allons constituer un comité consultatif composé d’amateurs, de revendeurs et d’autres acteurs du secteur.
Panneau de configuration TLORS
Souhaitez-vous nous faire part de vos idées à ce sujet ?
Dans ce cas, veuillez envoyer un e-mail à info@koiquestion.com en indiquant votre nom et en expliquant brièvement pourquoi vous pensez pouvoir apporter une contribution précieuse au développement futur de la League.
Si cette semaine a bien démontré une chose, c’est que le monde du koi néerlandais est engagé, ose faire preuve d’esprit critique et est prêt à réfléchir avec les autres.
C’est parfois compliqué.
Cela prend parfois beaucoup de temps.
Mais en fin de compte, c’est précisément ce qu’il faut pour transformer un projet pilote en une compétition aboutie, crédible et pérenne.
Cette situation a non seulement mis en évidence la force de la Ligue, mais aussi la responsabilité qui en découle. Elle a par ailleurs montré que la mise en place d’un classement sportif permet à la communauté d’aborder ouvertement les habitudes, les structures et les tensions sous-jacentes au sein de ce loisir.
Le fait que les participants, les revendeurs, les organisateurs et les amateurs nous interpellent au sujet de l’organisation de la compétition ne nous apparaît pas comme une critique du concept, mais au contraire comme un signe que « The League of Rising Scales » est désormais prise au sérieux en tant que plateforme sportive. Le fait que les gens nous fassent part de leurs préoccupations, de leurs questions et de leurs observations témoigne de la confiance qu’ils ont dans le fait que ces remarques seront évaluées en toute impartialité et qu’elles pourront, le cas échéant, conduire à une amélioration du système.
Nous avons tenté de répondre à cette confiance par cette étude. Non pas en nous concentrant sur les individus, mais en examinant le système dans son ensemble. Non pas en désignant des coupables, mais en continuant à faire évoluer la compétition. Nous continuerons à assumer cette responsabilité à l’avenir, avec la même indépendance, la même transparence et la même volonté d’apporter les ajustements nécessaires le cas échéant.
Au nom de The League of Rising Scales, au nom de l’équipe de KoiQuestion
Tiebo Jacobs


